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De l’archet baroque à l’archet moderne, l’évolution de l’archet jusqu’à la fin du XVIIIème siècle

Sans l’archet le violon n’est rien. Mais sans le violon l’archet est moins encore !

Ces affirmations en forme d’évidence font ressortir la totale interdépendance entre l’archet et le violon.
Il est inconcevable qu’ils puissent exister l’un sans l’autre et ils n’ont bien sur jamais été indépendants.
En revanche, ils ne se sont pas toujours vus attribuer la même importance ; leur égalité n’est reconnue que depuis le milieu du vingtième siècle.
Jusque-là, l’archet était considéré comme un accessoire très utile, mais un accessoire tout de même. Aucune étude sérieuse de l’archet, de ses fonctions et de sa valeur artistique n’a été entreprise avant le début du 20° siècle.

L’archet n’a pas toujours eu une structure aussi complexe que celle qu’on lui connaît aujourd’hui.
Comme l’indique l’étymologie de son nom, qui dérive du mot arc, il était à l’origine d’une grande simplicité. La fabrication des archets ne devint une activité distincte et spécialisée qu’à partir du milieu du dix-huitième siècle. _ Jusque-là l’archet était construit dans l’atelier du luthier, en général par les apprentis. Ainsi, l’identité de la majorité des archetiers du dix-huitième siècle et de la totalité de ceux du dix-septième reste pratiquement inconnue.
En l’absence de noms et de dates, le classement des archets anciens par tendances et par périodes ne peut au mieux se fonder que sur des déductions. La plupart des types d’archet couramment utilisés aux dix-septième et dix-huitième siècles sont désignés aujourd’hui par le nom des violonistes célèbres qui les ont préféré à l’époque : Castrovillari, Bassani… (17°), Corelli, Tartini, Cramer, Viotti… (18°).

Au XVIIème siècle

Au XVII° et au début du XVIII° siècles, la plupart des archets ont une tête fine et, à l’inverse, une hausse élevée. Ainsi la baguette et la mèche se rapprochent vers la pointe, formant un angle très fermé.
Avec peu de crins, la mèche est plus étroite et moins tendue. En tension, la baguette est droite ou convexe. La forme de la tête et de la baguette, déterminent un point d’équilibre assez proche de la main, (elle-même placée en avant de la hausse), et la tête semble donc plus légère.
La partie de baguette située en arrière de la main est plus longue et souvent prolongée par un bouton ; elle peut atteindre jusqu’à 6 cm.

Les bois

Les bois utilisés sont variés : les essences européennes aussi bien qu’exotiques, bois résineux plus tendres ou feuillus plus durs.
Les cannelures sur la baguette , grâce aux arêtes, donnent une rigidité suffisante, permettent de déplacer le point d’équilibre vers la hausse et offrent une plus grande sensibilité de jeu.
Elles se sont généralisées à cause de l’emploi de plus en plus fréquent des bois exotiques plus denses.
Cette densité supérieure et leur grande élasticité ont des conséquences sur l’évolution de l’archet et la qualité de son qui en résulte, mais il demeure une tradition de facture qui utilise des bois résineux, depuis au moins la seconde moitié du XVII° siècle jusqu’au premier quart du XIX°. _ On trouve même des traces de persistance de ce type de facture, en particulier avec l’emploi de bois fruitiers, en plein XIX° siècle.

La tête et la hausse

La forme de la tête et de la hausse ont des conséquences très importantes sur la sonorité : en raison de l’inclinaison du plat de la tête, la partie jouable de la mèche n’est pas arrêtée nettement au niveau du chanfrein, et se prolonge jusqu’à la mortaise.
De même, sous la hausse, la gorge est largement creusée et laisse une certaine liberté à la mèche. Ces deux détails, ainsi que la minceur et la faible tension de la mèche, donnent au coup d’archet une attaque très douce.

Depuis le milieu du XVIIIème siècle

A partir du milieu du XVIII° siècle, on assiste à la naissance de nouveaux modèles d’archet. C’est à cette époque que l’archèterie devient un métier à part entière.
Sortant de l’anonymat, les archetiers commencent à graver leur nom sur les baguettes. On s’aperçoit ainsi que de bons luthiers ne sont pas forcément de bons archetiers…L’écart entre la mèche et la baguette tend à devenir le même au niveau de la tête et de la hausse. La tête étant plus haute, elle devient plus lourde. Mais plus important, elle exerce une traction vers le haut sur l’extrémité de la baguette qui doit alors être renforcée : en la rendant plus épaisse on l’alourdirait trop. Alors on lui donne une certaine concavité, qui s’étend plus ou moins sur toute la longueur.
A la fin du XVIII° ou au début du XIX° siècle, certains modèles d’archet, lorsque la mèche est tendue, conservent une légère convexité vers la pointe. Cela ne provient pas d’une déformation due à la tension de jeu : il s’agit d’une forme délibérée donnée à la baguette pour conserver une certaine sensibilité de toucher.
Les cannelures, si courantes au XVIII° siècle, disparaissent alors progressivement.
La baguette entièrement concave est déjà un des caractères de l’archet du XIX° siècle, qui voit disparaître l’articulation propre au XVIII°. Il devient alors nécessaire d’augmenter le nombre de crins et, avec une meilleure fixation de la mèche à ses extrémités, de nouvelles formes d’articulation deviennent possibles. La mortaise de la tête est agrandie pour recevoir une mèche plus large, la plaque s’élargit vers le chanfrein et s’incline pour que les crins soient arrêtés avec un angle plus net. Sous la hausse, la gorge est également élargie et inclinée vers le bouton. Le dessous de la hausse est fermé par une férrule (le passant), afin que les crins soient maintenus à plat.

Autres nouveautés : Une hausse en ébène à garniture d’argent, située plus près de l’extrémité de la baguette, rallonge la partie jouable de la mèche, utilisable grâce à la plus grande tension.
Un archet qui est en contact avec la corde sur toute sa longueur apparaît. Pour tendre la mèche, la mécanique à vis permet d’éviter les déformations de la baguette et offre des possibilités de tension plus grandes. Ainsi apparaît un autre caractère de l’archet moderne.
Un nouvel archet naît qui, par l’intermédiaire de Tourte, va connaître un immense succès…

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