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La dorure sur bois et la restauration de bois doré

L’or est connu depuis la plus haute antiquité.
Sa rareté, son éclat incomparable et son inaltérabilité en ont fait un matériau mythique, tantôt attribut de la perfection et de l’illumination divines, tantôt symbole de puissance et de richesse.

Déjà pratiquée, semble-t-il, par les Egyptiens dès 2250 avant J.C., la dorure sur bois ne connaîtra toutefois son apogée qu’au XVIIème siècle et au XVIIIème siècle.
Héritiers de cette tradition, la plupart des doreurs exerce aujourd’hui leur art dans le respect des techniques anciennes. Parmi ces techniques, la dorure à l’eau occupe une place particulière : c’est elle qui a conféré à la dorure sur bois et au métier de doreur ses lettres de noblesse.

Longue et délicate, elle est la seule à restituer dans leur finesse et leur vivacité les détails d’une ornementation en bois sculpté et à créer des effets de volumes grâce à l’alternance de brunis (brillances) et de mats.
En complète contradiction avec les sacro-saints impératifs de notre époque, vitesse et rentabilité, elle est le fleuron de ceux qui ne transigent pas avec la qualité.
Si les techniques et les matériaux de la dorure à l’eau ont peu changé au fil des siècles, son domaine d’application, lui, a évolué. Il a suivi en cela les fluctuations de la fonction symbolique dévolue à l’or au cours de l’histoire et son extension progressive à la sphère profane et privée.

Dès le XVIIème siècle, le bois doré triomphe dans les édifices religieux, mais aussi dans les palais et les châteaux : cadres de tableaux et de glaces, consoles, sièges, baromètres, lustres, boiseries et carrosses brillent d’un éclat incomparable.
Epaisse de 0,1 à 0, 3 microns, la feuille d’or ne peut s’appliquer directement sur le bois dont elle mettrait en évidence la structure poreuse et les éventuelles fissures. Le bois étant en outre soumis à des variations dimensionnelles, il doit être isolé de la feuille d’or par des matériaux « tampon », enduits aqueux dénommés apprêts.

Dans ces nombreuses couches d’apprêt (de 6 à 10), le doreur pratique la reparure : il dégage au moyen de fers courbés (fers à reparer) les sculptures empâtées avant de les reciseler minutieusement.

La dernière couche d’apprêt est recouverte d’une composition argileuse que le doreur gorge d’eau avant d’y asseoir ses feuilles d’or. Cette assiette permet le polissage de la feuille d’or à la pierre d’agate dans le but d’obtenir des « brunis », brillance typique de la dorure à l’eau ou la détrempe, et de jouer avec les effets de volume.

Bref, on l’aura d’emblée compris, en dorure à l’eau les travaux préparatoires sont nombreux et délicats. Ils conditionnent également la beauté du résultat final. Entrons à présent un peu plus dans le détail.

Avant de commencer les travaux de restauration proprement dits, le doreur est souvent amené à nettoyer la dorure, mettant ainsi en évidence les lacunes dans les apprêts et le support afin d’y remédier.Bien souvent, les dorures ne sont qu’encrassées. Mais, il arrive aussi très fréquemment, qu’ayant été victimes au cours des siècles d’interventions maladroites, elles soient enlaidies par des rajouts qui empâtent de surcroît la sculpture d’origine : c’est le cas des surpeints de bronzine, désastreux succédanés de la dorure qui noircit au fil du temps ! Ces surpeints s’éliminent le plus souvent à l’aide de solvants appropriés.

Là encore, tout est question de doigté.
Lorsque le support présente des éléments disjoints, il faut réassembler l’ébénisterie. On comblera les lacunes importantes par des masses de bois dont l’essence et la texture sont identiques à celles du support.

A ce stade, le bois est prêt à être encollé et apprêté. L’encollage a pour but de fournir à la première couche d’apprêt un ancrage profond et souple. On utilise pour cela un mélange de colle de base et de carbonate de calcium (la craie) appliqué à chaud à l’aide d’une brosse à poils longs et durs. Il est intéressant de noter qu’en France, la colle de peau de lapin est le « matériau vedette »de la dorure sur bois puisqu’elle intervient dans toutes les étapes du travail !

Article rédigé par Uwe SCHAEFER, Président de l’Association des Chartistes Doreurs et Encadreurs de France

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