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De l’archet baroque à l’archet moderne, du XVIIIème siècle au XXème siècle

La transition

La période la plus malaisée pour la mise au point de l’archet fut le troisième quart du dix-huitième siècle, la période dite « de transition ». Les archetiers de l’époque, tiraillés entre le respect des traditions et leur souci de répondre aux exigences des compositeurs classiques et rococos, ne savaient pas très bien où ils allaient.

Quels que puissent être les défauts de ces archets, mal équilibrés et lents à réagir, ils sont tous capables de bien soutenir le son. L’un des plus anciens que l’on connaisse est un archet de transition datant du troisième quart du dix-huitième siècle. La baguette est en pernambouc, alors que le bois de serpent et le bois de fer étaient d’un emploi plus fréquent. Il était courant au dix-huitième siècle de faire bouillir le pernambouc pour obtenir une teinture d’un pourpre orangé que l’on incorporait au vernis pour donner ce que l’on nomme le « rouge de Venise ». Ce type de bois ne manquait donc pas à cette époque dans les ateliers de luthiers.

L’école Tourte Peccatte

On peut dire, en simplifiant, que la tête et la baguette de l’archet moderne sont à angle droit. Cette disposition et le fait que la hausse est elle aussi perpendiculaire à la baguette donnent à l’archet un mode d’action qui diffère totalement de celui de l’archet baroque.
Il fallut les talents combinés des Tourte, père et fils, pour lancer l’archet moderne. Tous les archetiers français du dix-neuvième siècle s’efforcèrent de copier leurs modèles. Des fabricants comme Persois, Eury, Henry et Peccatte virent dans les archets de Tourte l’idéal vers lequel il fallait tendre. Tourte est le premier archetier dont les archets ne furent plus considérés comme des accessoires, mais comme des œuvres à part entière.
Le recul progressif de la main vers la hausse pour accroître l’efficacité de la pesée eut pour résultat d’élargir la gamme des intensités sonores, mais en accroissant la longueur effective de l’archet, il entraîna un déséquilibre que les fabricants cherchèrent à compenser en lestant la hausse et son mécanisme de réglage au moyen de garnitures métalliques. _ Et comme, au début du dix-neuvième siècle, le contact de la main commençait à provoquer une usure de la hausse, ces renforts eurent aussi l’avantage de protéger les surfaces en bois. Mais l’invention du passant, de la monture, de la glissière ou des bandes de réglage ne peut être attribuée à aucun archetier en particulier.

L’école Voirin

Le modèle Tourte régna en maître pendant toute la première moitié du dix-neuvième siècle. Dominique Peccatte, Nicolas Eury, Nicolas Maire, François Lupot, Joseph Henry et Persois firent partie des grands archetiers qui suivirent le modèle Tourte.

Au XIXème :

Pourtant, dès le milieu du siècle, une évolution apparut : les formes anguleuses de la tête et de la hausse, caractéristiques de l’archet Tourte, s’adoucirent : François Nicolas Voirin créa un archet foncièrement différent. La tête s’amincit et la cambrure se déplaça vers la pointe. Du point de vue purement esthétique, la facture élégante des archets de Voirin et de ses principaux disciples, Alfred Lamy, Louis et Claude Thomassin et Charles Nicolas Bazin fixa de nouvelles normes.
La modification de la cambrure conféra à l’archet des qualités de jeu qui s’écartaient considérablement de celles de l’école de Tourte, donnant une baguette plus robuste, ce qui permit d’en réduire la section et d’en diminuer le poids total. En fait chacune des caractéristiques de ces archets, la légèreté de la tête et de la baguette comme la forme de la hausse et du mécanisme de réglage, ont été conçues pour réduire le poids de l’archet tout en lui gardant sa solidité.

Au XXème :

Pendant les premières années du vingtième siècle, l’archet plus lourd connut un regain de faveur, mais les fabricants n’abandonnèrent pas le modèle Voirin : ils augmentèrent son poids, conférant ainsi à l’archet une nouvelle façon de jouer qui allait être la règle pendant toute la première moitié du vingtième siècle.
Eugène Sartory et Emile A. Ouchard sont parmi les archetiers les plus célèbres ayant opté pour le modèle Voirin renforcé. Leurs archets, ainsi que ceux de leurs disciples, sont de construction robuste et ont presque toujours une baguette très solide.
Ces caractéristiques en font des archets parfaits pour les violons de l’orchestre mais peut-être pas tout à fait suffisamment maniables pour le jeu du soliste. Ainsi assiste-t-on aujourd’hui à un retour aux principes et techniques de l’école Tourte-Peccatte chez les archetiers actuels. L’histoire de l’archet et de son évolution est donc toujours à écrire.

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