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Le métier d’encadreur

Dérivé des fabrications de triptyques et anneaux enluminés, le métier d’encadreur a vu le jour à la fin du Moyen Age, période à laquelle, il est étroitement associé à celui de doreur.
Il prend véritablement son essor à la Renaissance, puis sous Louis XIII où se créera un style qui portera son nom.
Avec les règnes successifs, les styles évoluent dans les dessins formant le décor des bois dorés : Au style Louis XIII, relativement simple et rectiligne, succède ainsi le style Louis XIV avec des rubans et des volutes, puis le style Louis XV avec des coquilles et des sculptures affinées, et enfin le style Louis XVI qui remet au goût du jour la ligne droite.

Crédit photo : Didier GUILLOUCHE
Crédit photo : Didier GUILLOUCHE
Avec l’apparition du verre en feuille, les métiers de doreur et d’encadreur commencent à se séparer alors que, par ailleurs, l’emploi de moulure en plâtre va peu a peu remplacer le bois sculpté assez élitiste, avec une technique qui va se développer sous l’Empire, lequel apportera ses propres lignes esthétiques, empreintes de classicisme gréco-romain.
Du Directoire à la IIIe République, les styles évoluent dans la dorure mais aussi dans l’argenture quelquefois vernie et colorée, notamment pour évoquer à moindre frais les fastes de l’orientalisme.
La Fin du XIXe siècle consacre les grands moments du métier d’encadreur avec l’apparition des techniques de l’estampe que le seul cadre de bois ne suffit plus à mettre en valeur.
Des marges colorées ornées de perspectives en trompe-l’œil s’intercalent entre cadre et sujet, et de nouvelles techniques développent le métier en de nombreux raffinements : biseaux coupés (anglais), ou pliés (français), lavis à écoinçons, filets dorés et autres coins arrondis.
Aujourd’hui, l’encadreur de tradition peut proposer différents types de sous verres (avec biseau, sous came, lavis…) et travailler les formes rectilignes et courbes les plus recherchées.

Parmi les plus récentes évolutions du métier, on retiendra sur le plan esthétique la recherche de la séparation physique du cadre et de son sujet, notamment concernant les oeuvres peintes.

Sur le plan technique, l’emploi relativement récent de matériaux neutres ou de conservation, en réaction à nombres de problèmes posés par des travaux de la seconde moitié du XIXème siècle jusqu’à la seconde moitié du XXème siècle, relatifs aux matériaux instables dans le temps, notamment en ce qui concerne la pâte chimique des papiers.

Dans un autre domaine, les verres employés aujourd’hui en encadrement peuvent stopper les rayons ultraviolets préjudiciables aux œuvres et éliminer 80% des reflets lumineux. La stabilité des sujets et leur préservation dans le temps sont donc des sujets d’actualité pour l’encadreur d’aujourd’hui qui peut également y ajouter conseil et diagnostic en matière de restauration.
Chaque période du métier, inspirés des précédents, aura donc apporté la culture des savoirs transmis et les mises à jour qui lui sont propres, l’enrichissement sans cesse.

Article rédigé par Luc Michel DAIGNEY, Président du Syndicat National des Doreurs et Encadreurs.

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